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Reprendre une entreprise en difficulté peut représenter un intérêt, à condition de s'entourer d'un certain nombre de précautions. Petit mode d'emploi.

La plupart du temps, il s'agit de la reprise, à la barre du tribunal de commerce, d'une entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire.
Le repreneur peut opter pour une reprise du capital de l'entreprise défaillante ou pour une reprise totale ou partielle des actifs dans le cadre d'une cession de fonds de commerce.

La reprise du fonds et des actifs se fait sur la base d'un prix d'acquisition auprès de l'administrateur judiciaire désigné. Le prix correspond à la valeur de gré à gré des actifs corporels, incorporels, stocks et travaux en cours repris. Le tribunal devra l'homologuer en observant sa conformité avec la Loi de Sauvegarde pour assurer le maintien d'activités susceptibles de conserver tout ou partie des emplois qui y sont attachés.

Cette forme de reprise d'entreprise présente l'avantage pour le repreneur de définir lui-même le périmètre des actifs qu'il entend reprendre, en même temps qu'elle permet de reprendre le fonds de commerce vierge de toutes dettes antérieures au jugement de reprise.

L'optimisme : un allié qui ne doit pas être trompeur

Une entreprise c'est une entité avec une culture particulière, une stratégie et un positionnement commercial, une image dans l'esprit des clients, des fournisseurs et des partenaires et un lien entre les individus qui la composent et l'animent. C'est  bien plus qu'un simple lieu de production.

Pour un repreneur, l'excès d'optimisme pour donner l'impression qu'il fera mieux que les dirigeants qui ont laissé leur entreprise sombrer dans les difficultés. C'est ignorer que chaque histoire est différente et que les recettes ne sont pas facilement transposables d'une activité, d'un marché à l'autre.

La meilleure tactique à adopter serait plutôt de se glisser dans le costume des précédents dirigeants pour préserver l'équilibre entre présent et futur, tout en apportant une nouvelle vision et un business plan qui tient compte des difficultés autant que des opportunités.

La prudence est toujours mère de sûreté

Avant de se lancer dans une reprise d'entreprise en difficulté, il est primordial de regarder sereinement et lucidement la nature des problèmes qu'elle rencontre.

Les difficultés sont-elles passagères ou conjoncturelles ? La trésorerie est-elle régulièrement déficitaire ? Le symptôme est-il organisationnel ou structurel ?Le modèle économique est-il toujours adapté au marché (production qui coûte trop cher, marges trop faibles) ? La demande est-elle en baisse passagère ou durable ?

Autant de questions à passer au crible avant de formuler une proposition de reprise. Au besoin avec un audit complet : financier, fiscal, juridique, social et commercial.

Une valorisation prudente et sans concession, ainsi qu'un business plan prudent et des prévisions de trésorerie pilotées au plus près, sont les clés d'une bonne stratégie de reprise d'entreprise.

L'importance du financement et des relations bancaires

Se baser sur la promesse d'un financement futur à obtenir, peut faire courir de grands risques au projet. Le repreneur doit être capable financièrement de faire face à différents aléas dès le lendemain de la reprise.

Il est important aussi d'avoir identifié précisément avec l'administrateur judiciaire les contraintes financières (nantissements, clauses de réserve de propriété, gages, hypothèques, droits de rétention...) transmissibles aux actifs repris. Des négociations avec les créanciers sont probablement à envisager avant de formuler l'offre de reprise.

Parmi ces créanciers se situent souvent les organismes bancaires. C'est pourquoi, lors de la reprise d'entreprise, il est recommandé de faire un audit très précis des relations que l'entreprise entretient avec ses banques, et de déceler si celles-ci sont toujours présentes à ses côtés, car les reprises d'entreprise peuvent être l'occasion de mauvaises surprises. L'arrivée d'un repreneur, avec de nouveaux financements et de nouveaux banquiers à ses côtés, est un moment finalement assez propice au désengagement des banquiers habituels de l'entreprise en difficulté.

Au bout du compte, la reprise d'entreprise en difficulté n'est pas une situation à appréhender à la volée, ou avec un optimisme tourné vers l'aubaine qui masquerait finalement des pièges. C'est tout au contraire une stratégie qui se planifie minutieusement sur la base de travaux et de prise de connaissance, sérieux et fouillés.

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