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Le JDN a interrogé les figures de proue de l'économie tricolore sur leurs éventuelles idées de business. Les réponses sont parfois surprenantes.

A l'heure où le gouvernement fait de la création d'entreprise une piste privilégiée pour la baisse du taux de chômage et le retour à l'emploi, le JDN a voulu réveiller la fibre entrepreneuriale qui anime – ou pas – tous les grands patrons. Une trentaine de dirigeants de premier plan se sont prêtés au jeu, en répondant aux trois questions suivantes* : "Si vous deviez créer une entreprise aujourd'hui, dans quel secteur le feriez-vous ?" "Le feriez-vous en France ?" "Pourquoi ?"

La majorité des grands patrons interrogés ont répondu de manière purement fictionnelle. D'autres nourrissent des projets de création d'entreprise à court terme et ont accepté de partager leurs idées de business avec les lecteurs du JDN. D'autres, encore, ont brandi leur "joker", considérant qu'il est temps de passer le flambeau aux nouvelles générations.

Ce qui en ressort ? Les figures de l'économie tricolore ne monteraient pas forcément leur boîte là où leur pédigrée nous amène à les attendre. Si Frédéric Oudéa (Société générale) créerait "une activité innovante de distribution de crédit", Alexandre Ricard (Pernod Ricard) choisirait le e-commerce, Philippe Wahl (La Poste) les services aux seniors et Nicolas de Tavernost (Groupe M6) se lancerait dans l'agroalimentaire ! Sans parler de Louis Gallois (PSA) qui, lui, avait "pensé à une librairie".

Autre enseignement, tous ne choisiraient pas la France pour se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. Sur les 26 qui ont répondu à cette question, 19 optent pour l'Hexagone, 4 hésitent et 3 répondent non.

Mais tous en profitent pour faire passer leur message. Parfois sous forme de conseil, comme chez Nicolas de Tavernost (un des hésitants) : "Il faut absolument que la France administrative modifie son comportement pour encourager et valoriser les entrepreneurs". Ou encore Jean-Louis Chaussade (Suez Environnement) : "J'aime mon pays, il regorge d'atouts, de gens dynamiques et imaginatifs. Il faut juste être capable de réduire progressivement nos pesanteurs."

D'autres se montrent autrement plus sévères, tel Henri Lachmann (ex Schneider Electric) : "La réussite économique n'est pas appréciée en France et on y met énormément de barreaux." Philippe Salle (désormais à la tête d'Elior mais qui dirigeait Altran quand nous l'avons interrogé) n'y va pas non plus par quatre chemins : "Je ne monterais certainement pas mon entreprise en France, qui n'est pas un environnement favorable pour la création d'entreprise, et c'est bien dommage. D'autres pays offrent une bien plus grande souplesse, comme l'Angleterre."

Des témoignages rudes contrebalancés par des messages d'amour (Pierre Kosciusko-Morizet, ex PriceMinister : "La France est un formidable pays pour créer une entreprise, avec de formidables ingénieurs, ce qui est essentiel pour mon projet") et une bonne dose de pragmatisme (Jean-Pierre Petit, McDonald’s France : "Il faut créer une entreprise là où l’on trouve de la valeur ajoutée. Si je faisais de la mode, je démarrerais probablement en France").

Source : http://www.journaldunet.com/economie/magazine/1152838-idees-de-business-des-grands-patrons/

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