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nousdisent2Lorsque cette activité financière a débarqué en France l’année passée, on a pu croire que la liberté de manœuvre et peut-être de tarifs s’installait aussi ; mais c’était sans compter sans la manie réglementaire qui a vite repris sa place dans un fonctionnement « organisé ». En effet, un premier incident sérieux pour défaut de paiement s’est produit à la fin de l’année dernière. Cela justifiait la mise sous tutelle de cette activité, à savoir un statut de conseiller en investissement participatif (CIP) ce qui permet de lever jusqu'à 1 million d’euros, sans solliciter l’accord de l’AMF. Les risques néanmoins demeurent importants pour un souscripteur non prévenu.

La formule n’est pas nouvelle ; l’Afrique connait depuis très longtemps la tontine ; en 1875 une association « l’Union franco-américaine » organise une collecte de fonds auprès de particuliers pour financer la statue de la Liberté à New York, aujourd’hui quelques dizaines de « plateformes » sur internet sollicitent les particuliers en France, permettant de financer les entreprises ou projets de leur choix, allant jusqu’à imaginer racheter l’aéroport de Toulouse pour écarter des investisseurs chinois !

Présentation des crowdfunders en France : essai de typologie

Trois grandes familles se proposent actuellement sur ce marché :

  1. Plateformes de prêts
  2. Plateformes d’investissements
  3. Plateformes de dons

En 2013, 78 millions d’Euros ont été collectés en France, finançant 32 330 projets, soit  environ 24 000 euros par projet, et au premier semestre 2014, 66,4 millions d’€ ont déjà été collectés.

  1. Plateformes de prêts
    Citons : Prêt d’Union, crédits à la consommation – rendements pour les préteurs entre 4,40% l’an et 7,40% selon le degré de risque et avant impôts ; Lymo – immobilier - ou Unilend – entreprises – les rendements peuvent atteindre 10% l’an avant impôts. Unilend a ainsi réuni 256 internautes pour octroyer 100 000 € de crédit à une entreprise du bâtiment. Les préteurs percevront pendant 5ans un intérêt de 9,50% l’an sauf incident de parcours du « client ».

  2. Plateformes d’investissements
    On se rapproche là des business angels et le risque est évidemment plus grand mais le potentiel de rentabilité l’est aussi. La mise minimale est de l’ordre de 500 à 1000 €, et par l’intermédiaire d’autres plateformes telles que Smart Angels, Wiseed, ou Anaxago, il est possible de devenir actionnaire d’une TPE/PME en start-up. Le risque de ces placements, malgré tous les soins pris lors de l’évaluation est évidemment maximal. L’investisseur doit être informé que son argent va être immobilisé plusieurs années, avec tous les aléas de la gestion et le risque de tout perdre, et qu’il devra attendre pour sortir la vente de la société ou une offre de rachat d’un autre investisseur.
    A titre d’exemple, sur 36 entreprises financées par Wiseed depuis janvier 2009, 3 ont fait faillite. Mais, un investissement dans une société de biotechnologies a permis à ses 207 actionnaires internautes, en 18 mois seulement, de multiplier par 1,8 leur mise de départ.

  3. Plateformes de dons
    Il s’agit de soutien à des projets de toute nature qui peuvent être en dehors du secteur marchand. Les contreparties envisagées sont le plus souvent « en nature » ; par exemple, le Panthéon a fait appel aux internautes à partir de 5 €. Dans ce cas votre nom est affiché à l’entrée du monument et pour 150€ c’est votre photo !!
    Les trois acteurs français, My Major Company, Kiss Kiss Bank Bank, Ulule, proposent en permanence des centaines de projets émanent du monde artistique, artisanal, associatif, culturel, etc.

 

Cependant, le grand mérite de la formule consiste  à ressusciter l’affectio societatis qui a déserté la Bourse depuis longtemps. Nous ne sommes pas loin de l’investissement socialement responsable mais pas encore solidaire et citoyen. Réunir autour d’un projet le plus grand nombre est une idée très ancienne.

Investir dans l’économie réelle, dans l’innovation locale, sortir de la finance traditionnelle pour aller vers le crowdfundig, voila des idées nouvelles  qui ont déjà séduites des « majors » telles que BPI, Generali, Groupama Bque avec Unilend, et qui pourraient séduire aussi les seniors !

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