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Près de quatre entrepreneurs sur dix ont plus de 50 ans en France. Que ce soit par besoin, envie ou simple volonté de transmettre, de plus en plus de seniors se lancent dans une nouvelle carrière.


Une nouvelle vie en charentaises ? « J'en fabrique, je ne les porte pas encore ! », plaisante Marc Vagogne. A 57 ans, cet ancien salarié entame une carrière de dirigeant d'entreprise à la tête de Degorce, une manufacture de chaussons labellisés « made in France » basée près d'Angoulême (Charente). « Au fond de moi, j'avais toujours le désir de devenir patron, témoigne cet ancien cadre dans l'imprimerie. Mais ce sont des projets que l'on ose sans doute de façon plus sereine quand on a un certain âge. Les enfants sont élevés et les moyens à disposition un peu plus importants... » Il franchit le pas en 2013 et reprend une entreprise de 47 salariés. « Je ne me voyais pas juste chercher un autre poste ni attendre la retraite. C'est un risque, certes, mais c'est aussi passionnant de s'engager autrement dans la vie économique de son pays. »

Des besoins et une vraie utilité

L'exemple n'est pas isolé : selon l'Insee, 39,5 % des entrepreneurs ont plus de 50 ans. « Sachant que les seniors n'ont pas la cote sur le marché de l'emploi, monter ou reprendre une société présente une alternative intéressante », observe Bernard Abraham, le président d'EGEE. Depuis 30 ans, cette association, composée de 2 000 seniors bénévoles, accompagne des porteurs de projets partout en France. « Les seniors ont à la fois des besoins et une vraie utilité, poursuit ce bénévole de 75 ans. Ceux qui n'ont plus besoin de travailler peuvent aussi s'investir. Quand j'ai pris ma retraite, à 60 ans, j'ai surtout eu envie transmettre mon savoir-faire. » Claude Bounatirou, ancien dirigeant dans le secteur informatique, confirme : « Je me suis désengagé progressivement de ma dernière société à 69 ans. Mais depuis, je m'applique à partager mon savoir-faire autrement. » Lui s'est engagé auprès des 2 500 bénévoles d'ECTI, une autre organisation à but non lucratif qui propose des missions d'aide à la création d'entreprise, de gestion de projet ou d'audit. « J'aurais pu continuer comme consultant indépendant. Mais aujourd'hui, l'argent n'est pas mon moteur. »

Les seniors peuvent-ils contribuer au dynamisme entrepreneurial français ? Plus que cela : « Ils le doivent ! assure Guy Mariaud, fondateur de l'association Seniors Entrepreneurs et ancien directeur marketing du Crédit coopératif. « Il y a près de 16 millions de retraités en France dont 2,5 millions d'anciens cadres et dirigeants d'entreprise, Notre objectif est de convaincre un maximum d'entre eux de revenir dans la vie économique et sociale plutôt que de rester sur le trottoir à regarder passer les chômeurs. » Il entend ainsi « créer et pérenniser » des entreprises grâce aux seniors. « La plupart des sociétés disparaissent à cause de compétences qui leur manquent, explique-t-il. Nous proposons donc à des seniors de s'associer à des porteurs de projets plus jeunes pour créer une dynamique gagnante. » L'association engage même ces seniors à investir financièrement.

« L'épargne des Français est détenue à 80 % par les seniors et représente 4 000 milliards d'euros, soit le double de la dette totale de notre pays. Si une partie de ces fonds revenaient dans l'activité économique, ce serait une bonne nouvelle. »

Une nouvelle aventure

Marc Vagogne, lui, en est déjà convaincu. Après avoir investi près de 300 000 € pour reprendre l'entreprise Degorce, il se donne encore au moins dix ans au service de sa nouvelle maison. « C'est le début d'une nouvelle aventure et j'ai de belles perspectives de développement, y compris à l'export », conclut-il. « Car même si j'aurai bientôt assez cotisé, je ne me vois pas prendre ma retraite demain. »

Source : http://www.leparisien.fr/economie/business/l-entreprenariat-booste-par-les-seniors-20-04-2015-4709273.php

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